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Jour 13 : Nyangshwe (Lac Inle)

En raison de l’état larvaire d’un des deux membres du groupe de voyage (mais que je ne dénoncerai pas), Daw-U a spontané troqué la dernière grosse heure de marche contre une grosse minute (et une demi-heure de pirogue à moteur). Même si j’aurais a priori préféré marcher cela ne me déplaît finalement pas car nous aurons ainsi le temps d’avoir une journée plus pleine sur le lac.

La pirogue est agréable bien que le moteur 2 temps de tondeuse à gazon rompe légèrement le calme qui pourrait régner sur le lac. Le paysage marque une transformation complète avec tous les paysages que nous avions pu voir depuis Kalaw. Nous sommes au beau milieu d’un lac d’un bleu/vert/gris différant fortement avec la terre rouge avalée depuis le début. Au loin les montagnes émergent de la brume, parfois perturbée par le vol d’un cormoran ou d’une aigrette.

Nous posons nos affaires dans une auberge en ville et reprenons le bateau pour la journée complète et un tour des visites les plus classiques au bord du lac.

Nous embarquons donc à bord d’une nouvelle pirogue avec un nouveau moteur de tondeuse à gazon, sous un cagnard toujours aussi important, qui plus est désormais réfléchi par le lac. Le circuit est assez touristique : on voit que les pirogues poussées à l’aide d’un bâton sur les cartes postales sont majoritairement remplacées par des pirogues à moteur pétaradant transportant des groupes de 2 à 10 touristes avec leurs ombrelles et leurs appareils photo ; on voit bien que le pays change à toute allure, mais on ne peut reprocher aux autres touristes d’avoir eu la même idée que soi ni aux Birmans de vouloir augmenter leur confort de vie grâce aux étrangers intéressés par leur pays. LA balade demeure donc très sympathique.

Nous visitons divers temples et ateliers. Le premier est un atelier de tissage à base de soie et de fibre de lotus. L’ouvrière ouvre une à une les tiges de lotus pour y récupérer une fibre d’une finesse extraordinaire. Elle répète le procédé plusieurs milliers de fois afin d’obtenir une bobine de fil. La complexité du procédé, qui pouvait avoir un sens lorsqu’il n’y avait pas d’autres matières premières et que la main d’œuvre était meilleur marché il y a quelques siècles me semble aujourd’hui relativement obsolète : le travail est très dur pour, si bien qu’une grosse écharpe faite à partir de ces fibres peut coûter jusqu’à 500$ -- justifié par le coût de production – mais le résultat ressemble beaucoup à une robe de bure de moine occidental du moyen-âge, et la valeur intrinsèque du produit fini – uniquement liée à son utilité – me semble sans commune mesure avec le prix demandé ; enfin bon, il parait que ça tient froid en été et chaud en hiver, mais je n’en ai pas rapporté. Jessica est quant à elle fascinée par les métiers à tisser, qu’elle découvre en « chair et en os » (ou plutôt en bois et en métal) pour la première fois, et il est vrai que ces machines, sont fascinantes par leur ingéniosité et leur rusticité. Même si l’atelier traditionnel semble être devenu très commercial, avec une guide qui nous oriente rapidement vers la boutique, l’essentiel de la production semble être réalisé sur place, comme l’attestent la cinquantaine de métiers à tisser à l’étage.

La visite suivante est un atelier d’argenterie. On nous montre les différentes étapes de fabrication : une pierre riche en argent est broyée finement, puis passée dans une solution chimique qui précipite l’argent et dissout les autres minéraux, la poudre est ensuite fondue avant d’être moulée puis façonnée et décorée.

D’autres visites s’enchainent, comme une forgerie qui me permet de m’amuser quelques instants en me battant avec un sabre de 50cm contre un ennemi imaginaire.

Le tour comprend aussi une visite d’une boutique traditionnelle où sont malheureusement exposées et exploitées des « femmes-girafes » pour le plaisir des touristes. Ces femmes font partie d’une ethnie, les Padaung, qui a comme particularité de faire porter aux femmes des colliers de plus en plus grands avec l’âge et qui allongent leurs cou. Je trouve dommage qu’elles soient ainsi parquées, isolées de leurs proches et livrées en pâture aux touristes dans des boutiques gouvernementales et vous ne verrez donc pas de photos d’elles prises par moi. En revanche, il y avait un petit poussin dans la boutique qui était mignon.

Nous avons aussi visité un temple dont la joliesse initiale était amplifiée par sa présence au-dessus de l’eau. Pour y accéder, il fallait enjamber une dizaine de pirogues stationnées devant le débarcadère. Comme couvent, il y a beaucoup plus de pèlerins birmans que de touristes, ce qui est agréable. LE temple recueille 5 statues de bouddha qui avaient coulé et ont été repêchées du fond du lac (sauf une qui est réapparue toute seule par miracle dans le temple). Le temps passé dans l’eau et les pèlerins ont rendu ces statues de Bouddha méconnaissables, qui ne sont désormais plus que deux ou trois boules dorées superposées. Comme à chaque fois qu’il s’agit de redorer une relique sacrée, les femmes sont interdites de proximité trop importante.

Un dernier temple intéressant, le « jumping cat monastery », ainsi nommé car auparavant un moine faisait faire des tours de cirque aux chats occupant le temple (mais la pratique a aujourd’hui disparu). Le plus intéressant est de voir dans ce temple des fresques relatant la vie de Bouddha, de forte inspiration chrétienne : Bouddha est représente avec un auréole et est suivi d’un paquet de disciples… On sent la domination et l’influence anglaise, même dans les représentations bouddhistes !

Après plusieurs heures sous le cagnard et les coups auditifs et vibratoires du moteur du bateau, même si c’est follement pittoresque, je suis assez content de rentrer sur la terre ferme !


Doux bruit de la pirogue glissant sur les flots
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dernière mise à jour le 05/05/2014